Le transnationalisme à deux vitesses : La bipolarité de la globalisation et ses effets néfastes
Abstract
"les pôles du capitalisme ne sont pas tous égaux. En tant que centre, le Nord est logiquement dans une position dominante, tandis que le Sud, assimilé à la périphérie, se voit réduit à un rôle subalterne. A ce titre, les flux sont loin d’être indifférenciés ; ils sont informés par un rapport de force qui joue nécessairement en faveur du Nord et, ipso facto, au détriment du Sud-en un jeu circulaire, le centre utilise sa supériorité initiale pour dessiner un système qui maintient ou agrandit le déséquilibre qui l’avantage. En raison de cette polarisation, le transnationalisme lui-même n’est pas uniforme. Il doit plutôt être défini comme différentiel : il génère une interdépendance et une internationalisation du marché qui n’affectent pas de la même manière les habitants et les nations situés dans le centre ou dans la périphérie du système capitaliste. Tel qu’il est figuré dans une série de romans contemporains internationaux, ce transnationalisme différentiel s’institue dès lors comme le fondement même de la représentation et de l’herméneutique de deux dérives reliées à la globalisation - le tourisme sexuel et le terrorisme. Respectivement intitulés Le Jardin de l’aveugle (The Blind Man’s Garden, 2013), Le Cycliste (The Cyclist, 2002), Plateforme (2001) et Vers le sud (2006), les romans de Nadeem Aslam, Viken Berberian, Michel Houellebecq et Dany Laferrière sont ainsi autant de vignettes qui donnent à lire les procès interprétatifs appelés par le dessin fictionnel du transnationalisme et des réactions humaines qu’il suscite."
