Sur la pratique et la pensée de la traduction chez E.D. Blodgett
Abstract
"Pour Blodgett, le Je est un paysage (absent) qui dit quelque chose. Mais l’inverse est aussi vrai : un paysage est un Je absent qui a quelque chose à dire. La tâche est d’autant plus complexe pour les poètes comme Blodgett qui aiment habiter deux paysages à la fois ou vivre à la frontière entre deux paysages. C’est pourtant ce qu’il a entrepris de faire dans une bonne part de son oeuvre poétique, notamment dans son recueil Le poème invisible / The Invisible Poem. Exprimant le rapport à la fois proche et lointain entre les poèmes du recueil, deux textes sont placés côte à côte sur une même page : à gauche, le texte français et, à droite, sa « traduction » en anglais. Ces deux textes ont été écrits plus ou moins simultanément, selon l’auteur, afin d’explorer les avenues qu’ouvre le mouvement des signes entre deux langues et deux cultures. Pour Blodgett, la prétendue impossibilité de traduire se transforme en occasions d’entamer une sorte de dialogue entre les deux poèmes."
