Stalker : Art, communauté, migration (Marche, repas, récit)
Abstract
"Ce dont je souhaiterais parler, à partir de l’exemple du groupe Stalker, peut se formuler de façon sommaire : quelle réponse la pratique artistique contemporaine peut-elle apporter à une situation de « crise migratoire » ? Comment articuler art, migrant, société ? Et je précise d’emblée : une pratique qui soit non seulement collective, c’est-à-dire une forme qui soit comme en relation d’analogie avec son objet de regard, mais également interventionniste. Que peut faire l’art « avec » les migrants ? Comment lier pratique artistique et intervention civique ? Comment faire valoir artistiquement, par le jeu des représentations et des dispositifs, que l’on peut être dans un lieu, sans pour autant être de (ou natif de) ce lieu ? Comment faire valoir qu’être « étranger » en un lieu, ou « de passage » n’entache, ni ne blesse le lieu ? Qu’un lieu n’est, à la limite, constitué que des passages successifs qui s’y inscrivent dans le temps ? Comment remédier au lexique et aux représentations qui collent aux « migrants » (monstres, barbares, vampires) et comment mobiliser d’autre termes, d’autres images-celui de « réfugié » ?"
