La Martinique de Lafcadio Hearn: Un Lieu de Mémoire Paradoxal
Authors
A. James Arnold
University of Virginia
Abstract
De 1887 à 1889 un journaliste cosmopolite, d’origine grecque et irlandaise, a séjourné à Morne Rouge, puis à Saint-Pierre de la Martinique dans l’espoir d’écrire une série d’articles à l’intention du magazine new-yorkais Harper’s. Au départ, ce séjour de deux ans, qui a tant influencé l’interprétation du folklore martiniquais du 20e siècle, ne devait durer que quelques mois, de septembre 1887 à janvier 1888. Réduit à la pénurie, souffrant d’un accès de fièvre tropicale, Lafcadio Hearn s’est trouvé bloqué à Saint-Pierre par l’épidémie de variole qui a isolé la Martinique en 1888. Les études de terrain qui ont donné les Esquisses martiniquaises, puis les Contes des Tropiques, édités à Paris entre les deux guerres, ont résulté moins de la méthode scientifique du chercheur que de la misère qui l’obligeait à enquêter dans son propre quartier de la rue du Morne Mirail et aux alentours.