"La nuit de la langue perdue": Défaite et legs de la mère dans "Vaste est la prison" d'Assia Djebar
Authors
Michèle E. Vialet
University of Cincinnati
Abstract
"Pendant architectonique et épistémologique du roman du legs des pères qu’est L’amour, la fantasia (1985), le premier volume du projet de “quartet algérien” d’Assia Djebar, Vaste est la prison (1995) privilégie le legs des femmes mais, comme une photographie que l’on développe, cette primauté ne se révèle que lentement par couches successives d’accents, d’échos et de sillages entrecroisés des récits. D’une structure en apparence éparse et dodécaphonique, le roman joue sur le rythme narratif et sur les points d’intersection de quatre chronotopes (chronotopes de la vie intime de la narratrice dans la “Première Partie”, de l’héritage linguistique antique de l’Algérie dans la seconde, de la généalogie familiale de la narratrice dans la troisième et enfin de sa relation à la guerre civile des années 1990) pour inviter et déjouer les tentatives de lecture suivie de la transmission du savoir des femmes."