LE PATRIMOINE LITTÉRAIRE ET CULTUREL LÉGUÉ DANS ET PAR LE LIVRE POUR LA JEUNESSE : ENJEUX ET DÉFIS, D’HIER À AUJOURD’HUI

Appel de communications
7e colloque étudiant du Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec (GRÉLQ)
… DES LIVRES POUR « L’AMUSER EN L’INSTRUISANT »
(Balzac, Ursule Mirouët)

LE PATRIMOINE LITTÉRAIRE ET CULTUREL LÉGUÉ DANS ET PAR LE LIVRE POUR LA JEUNESSE : ENJEUX ET DÉFIS, D’HIER À AUJOURD’HUI

Les étudiantes et étudiants du Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec (GRÉLQ) lancent un appel de communications en vue de la 7e édition de leur colloque étudiant. Cette année, le thème porte sur le livre pour la jeunesse et sur les enjeux liés à la transmission d’un héritage littéraire et culturel aux nouvelles générations.

La publication en feuilleton d’œuvres romanesques d’auteurs célèbres dans un journal destiné à la jeunesse française fonde, dès le XIXe siècle, une tradition visant de manière plus ou moins explicite à unir art et savoir[1]. Au cœur du projet auctorial et éditorial : « l’instruction qui amuse, l’amusement qui instruit[2] ». Principalement dédié à la littérature pour la jeunesse, ce colloque se veut une occasion d’explorer les manifestations concrètes – textuelles, discursives ou éditoriales – de legs littéraires ou culturels aux générations montantes.

Un premier axe de recherche aborde la représentation de la médiation littéraire et culturelle dans la fiction pour la jeunesse. Il permet de s’interroger sur les représentations de l’acte de transmission d’un certain patrimoine au sein même des œuvres littéraires destinées à la jeunesse. À ce chapitre, sont particulièrement riches en signification les figures de « passeurs culturels », pour reprendre l’expression de Jean-Michel Zakhartchouk[3], dans la mesure où les médiateurs diffusent de l’information (nature, valeur, etc.) sur les canons littéraires, les pratiques artistiques, les usages culturels, les faits historiques, etc. De ce point de vue, il serait pertinent de chercher à identifier, par exemple, les médiateurs personnifiés (enseignants, bibliothécaires, écrivains ou artistes, autres) et les moyens déployés par ces « médiateurs de papier » pour faire valoir l’héritage littéraire et culturel dans la diégèse. Sur le plan axiologique, on pourrait aussi se demander quelles sont les conceptions de la littérature et de la culture véhiculées par les personnages ou encore, par le décodage intertextuel, identifier les œuvres (romans, contes, mythes, poèmes, artistes, etc.) auxquelles renvoie le texte pour la jeunesse. Une étude orientée en ce sens permettrait sans doute de mieux cerner les « codes désormais en vigueur dans le domaine de la narration du savoir[4] ».

Un second axe de recherche s’articule autour du rôle de l’éditeur comme agent de médiation littéraire et culturelle. Les travaux d’Alberto Cadioli et de Roger Chartier (« Sur les lectures de l’éditeur hyperlecteur[5] », 2002 ; « Du livre au lire[6] », 1985) mettent en lumière le pouvoir de créer de nouvelles lectures détenu par l’éditeur. Proposant au fil du temps de nouvelles éditions ou traductions, ce dernier « redessin[e] les territoires de la littérature[7] ». Il contribue en ce sens non seulement à la diffusion d’une littérature canonique, mais aussi à la création d’un « nouveau cadre interprétatif[8] » pour la recevoir. Dans la foulée de ces recherches, il serait intéressant de se questionner sur les stratégies éditoriales privilégiées au moment de la réactualisation de l’héritage littéraire et culturel au profit d’une communauté de jeunes lecteurs. En tant qu’acteur privilégié dans la transmission d’un héritage à valeur symbolique, les éditeurs réactualisent-t-ils une littérature classique, voire patrimoniale, en la rendant disponible à de nouvelles générations de lecteurs ? Quels critères fondent leur sélection ? Proposent-ils des collections orientées spécifiquement sur la transmission d’un corpus légitimé ? Quels discours les éditeurs de littérature pour la jeunesse tiennent-ils au sujet de la transmission du patrimoine littéraire et culturel dans les communiqués de presse, le paratexte éditorial ou leurs catalogues ?

Le colloque aura lieu le vendredi 24 février 2012 au Carrefour de l’information de l’Université de Sherbrooke.

Les propositions seront soumises à un comité responsable de la réalisation du programme. Le comité accordera la priorité aux propositions des étudiantes et des étudiants de 2e cycle ayant entamé la rédaction de leur mémoire, ainsi qu’à celles des étudiantes et étudiants de 3e cycle. Les communications devront être inédites et ne pas dépasser 20 minutes.

Les propositions doivent parvenir au plus tard le 15 octobre 2011 à l’adresse suivante :

Isabelle.Proulx@USherbrooke.ca, et devront contenir les éléments suivants :

  • les coordonnées de l’étudiante ou de l’étudiant : adresse postale et électronique, numéro de téléphone
  • le niveau d’études, l’université et le département d’affiliation et, si l’étudiante ou l’étudiant le souhaite, le nom de la directrice ou du directeur de mémoire ou de thèse, le sujet du mémoire ou de la thèse
  • la proposition de communication d’environ 500 mots, incluant la problématique, le corpus ainsi que la méthodologie
  • une notice biobibliographique d’environ 200 mots

[1] En 1864, Pierre Jules Hetzel et Jean Macé font paraître le premier numéro du Magasin d’éducation et de récréation dans lequel seront publiés nombre de récits destinés à un lectorat jeunesse. Selon Christian Chelebourg et Francis Marcoin, « les Voyages extraordinaires [de Verne] s’imposeront très vite comme un modèle d’alliance harmonieuse de l’art et de la pédagogie ».  C. Chelebourg et F. Marcoin. La littérature de jeunesse, Paris, Armand Colin, 2007, p. 80.

[2] Extrait de l’« Avertissement de l’éditeur » rédigé par Jules Verne dans la reprise en volume de son roman « Voyages et aventures du capitaine Hatteras ». C. Chelebourg et F. Marcoin. La littérature de jeunesse, Paris, Armand Colin, 2007, p. 80.

[3] J.-M. ZAKHARTCHOUK. L’enseignant, un passeur culturel, Paris, ESF, 1999, 126 p.

[4] C. CHELEBOURG et F. MARCOIN. La littérature de jeunesse, Paris, Armand Colin, 2007, p. 76.

[5] A. CADIOLI. « Sur les lectures de l’éditeur hyperlecteur », dans J. Vincent et N. Watteyne, Autour de la lecture. Médiations et communautés littéraires, Québec, Nota Bene, 2002, p. 43-56.

[6] R. CHARTIER. « Du livre au lire », dans R. Chartier (dir.), Pratiques de la lecture, Marseille, Rivages, 1985, p. 61-82.

[7] A. CADIOLI. « Sur les lectures de l’éditeur hyperlecteur » […], p. 45.

[8] A. CADIOLI. « Sur les lectures de l’éditeur hyperlecteur » […], p. 54.