ESPACES/MÉMOIRES : Appel à communications, 2e colloque international du Centre de Littérature Canadienne Université d’Alberta, 14-15 Octobre 2011

Conférenciers d’honneur confirmés: J. Edward Chamberlin (Université de Toronto) et Sherry Simon (Université Concordia)

Comme l’a montré le colloque inaugural du Centre de Littérature Canadienne au printemps 2009, la littérature canadienne peine peut-être plus qu’une autre à se laisser concevoir en termes de littérature nationale. Si la littérature canadienne a pourtant ses canons, ses moments et ses auteurs fondateurs, son histoire et son effervescence se déploient sur un spectre qui va de l’interculturalité délibérée, recherchée, à une transculturalité souvent inconsciente, tacite, sous-jacente. Au travers de cette apparente hétérogénéité se dégagent cependant deux lignes de force qui n’ont pas échappé à l’attention des chercheurs réunis lors de la première rencontre scientifique internationale du CLC : l’espace et la mémoire. Notions ou champs que d’emblée, pour rendre justice à leur omniprésence dans le corpus littéraire canadien, il semble avisé de mettre au pluriel : espaces, mémoires.

Ces deux champs en effet, par leur vastitude, paraissent propices à englober la multiplicité des réponses ou plutôt des questions apportées par les écrivains canadiens aux grandes problématiques contemporaines. C’est donc au pluriel également qu’il faudrait parler de littératures canadiennes, ainsi que l’ont suggéré les premiers résultats de recherche publiés par le Centre (Transplanter le Canada : Semailles, CLC Studies Series, vol 1, 2009). Espaces et mémoires paraissent des notions appropriées pour explorer cet élargissement qui est aussi un approfondissement.

Au regard de l’importance de l’espace, des lieux et des frontières dans la littérature et la critique, ce colloque s’intéressera aux puissances imaginatives des géographies canadiennes domestiques et globales. Les sujets possibles incluent entre autres : les espaces urbains ainsi que la figure de la ville littéraire; les politiques ou les positions critiques « géo- » et « éco- »; l’espace concret de l’édition au Canada, incluant les histoires corporatives et commerciales; le financement public et la censure, les archives, les festivals, ainsi que la promotion de la littérature canadienne outre-mer; les représentations des espaces frontaliers dans la littérature canadienne des origines, moderne et contemporaine; les espaces mémoriels et les littératures de la remémoration; le cosmopolitisme; les espaces régionaux dans la production littéraire; les contours élastiques de l’identité littéraire canadienne; les constructions et perceptions de la nordicité ou de l’américanité; les frontières, les passeports, l’immigration, les exils politiques et la représentation des mouvements transfrontaliers illégaux, les géographies et politiques raciales; l’espace et la représentation du passé, du présent et du futur nationaux.

Plurielle, la mémoire se joue tantôt diachroniquement et tantôt synchroniquement. Diachroniquement, la grande veine autobiographique qui traverse l’ensemble de la littérature occidentale moderne et s’accentue dans la production contemporaine est propice au développement de romances subjectives. Récits de formation, de passages de générations, de construction de soi à travers l’identité collective; de migration et de filiation, de reconnaissance, d’intégration ou d’oubli de la mémoire transmise; récits migrants et récits d’immigrants, se réclamant d’un lien transgénérationnel ou d’un lien maternel au pays quitté, traversent les proses et poésies de langues française et anglaise, construisant une épaisseur transculturelle et transsubjective. Synchroniquement, le territoire de la mémoire, marqué comme le territoire réel d’une disparité parfois inconciliable, voire irréconciliable, se construit en relation avec des espaces extérieurs, étrangers, éloignés; mais contemporains. Il devient alors tentative de faire une histoire du présent, de fonder un mode d’appartenance commun relevant d’un même rapport au temps. La mémoire devient conscience, et souvent politique : elle veut englober son autre dans le temps même de sa parole, ne pas oublier qu’elle n’est pas seule à construire son mot, sa phrase, son monde, dans une langue qui n’est jamais possédée mais prêtée, empruntée. C’est une mémoire-écho, faite sans cesse d’autres langues, d’autres souvenirs, d’autres pays rêvés, de retours et de redéparts vers le pays, le paysage et leurs contreparties imaginaires.

Le Centre de Littérature Canadienne invite tous les chercheurs intéressés, au Canada et à l’étranger, à lui faire parvenir leurs propositions, et est ouvert à toutes les approches théoriques et disciplinaires, avec un accent particulier mis sur les quatre axes de recherche qui seront au cœur des intérêts du Centre pour les trois prochaines années :
1. la pensée transculturelle et transnationale

2. la littérature canadienne comparée

3. la production culturelle

4. la littérature francophone de l’Ouest

Veuillez adresser vos propositions de communication (entre 150 et 300 mots) accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique à: clccollo@ualberta.ca avant le 15 mars 2011.

SPACES/MEMORIES: Call for Submissions to the 2nd Colloquium of the Canadian Literature Centre
University of Alberta, 14-15 October 2011

Confirmed Keynote Speakers: J. Edward Chamberlin (University of Toronto) and Sherry Simon (Concordia University)

As we saw in the first conference of the Canadian Literature Centre in the Spring of 2009, Canadian literature is becoming exceptionally difficult to conceive of in terms of national literature.  Canadian literature still has its canons, milestones and founders, but its history and its potential are nevertheless unfolding as a series of forms that move from a self-conscious, deliberate interculturality to an often unconscious, tacit transculturality.  Beyond this apparent heterogeneity, we saw the emergence of two notions that have not been lost on researchers gathered for the first CLC colloquium: space and memory. These are fields of inquiry that, in order to do justice to their omnipresence in the literary corpus, it seems to us wise to put in the plural.  Thus we propose: spaces, memories.

With their breadth of scope, these two fields prompt a multiplicity of questions about, and responses to, Canadian literature.  Thus, we should put “Canadian Literature” in the plural as well, since as we could see from the proceedings of the first conference published by the CLC (Transplanting Canada: Seedlings CLC Studies, vol. 1, 2009), spaces and memories seem like appropriate notions to explore with a view to their expansion, their extension.

In thinking of the importance of space, place and frontiers in Canadian literature and criticism, this conference will engage with the imaginative powers of Canada’s domestic and global geographies. Topics that might be addressed include: urban space in literature and the figure of the literary city; geo- and eco- politics and criticisms; the material space of Canadian publishing, including corporate histories, public funding and censorship, archives, festivals, and the promotion of Canadian literature overseas; representations of frontier spaces in early Canadian literature and the persistence of the frontier in modern and contemporary literatures; memorialized spaces and literatures of remembering; cosmopolitanism; regional spaces in Canadian literary production; the international perceptions of Canadian literature along with the elastic boundaries of what is considered Canadian; constructions and perceptions of “the North” or the “americanity”; borders, passports, migration, refugees, and the construction of illegal cross-border movements; racialised geographies; space and the representation of a national past, present, or future.

Memory unspools as something that is both diachronic and synchronic.  Diachronically, the great autobiographical tendency that goes across the whole of contemporary western literature, and is only getting stronger in contemporary life and literary production, is a breeding ground for the subjective romance. Bildungsromans, family histories, self-examinations via collective identities, migration and belonging, integration or the loss of inherited memory, migration and immigration narratives all help to reclaim a trans-generational or maternal connection to the country of origin.  They encompass French and English poetry and prose, all the while constructing a transcultural and trans-subjective “thickness.”  Synchronically, memory’s territory is constructed in relation to exterior, foreign, faraway places, which remain contemporary.  This territory then becomes an attempt at writing a history of the present, of creating a shared way of experiencing time.  It’s thus an echo of the memory process itself, made out of other languages, other memories, and other imagined countries, of journeys between the country, the landscape, and their imaginary counterparts.  All of these approaches invite us to diversify the gaze we cast on Canadian literature, or to make Canadian literature the laboratory of a renewed reading of these approaches.

The CLC invites all interested researchers, in Canada or abroad, to send us their proposal. The Centre is open to all display and theoretical approaches, and a special consideration for the following areas of research, which will be at the heart of the Centre’s activities for the next three years:

1. Transcultural and transnational thought
2. Canadian comparative literature
3. Cultural production
4. Francophone literature of western Canada

Please send a proposal (150-300 words), along with a short bio, to: clccollo@ualberta.ca , by 15 March 2011.