Call for Contributions: Translating Queer / Queer Translation in Canadian and Québec Texts

Queer Theory and Translation Studies intersect in a number of surprising yet productive ways: their fundamental questioning of the essentialisms of identities and languages, of the status of the “original” and the “copy”; their engagement with the ludic aspects of performativity of genders, bodies, systems and language, forms of enunciation, modes of representation, and their “effects” and reception; their examination of power’s subjectivation and the subjection it produces – its capacity to structure and yet also to oppress. Queer Theory and Translation Studies both link discourses of gender, sexuality, language and representation to identity politics in various social and historical contexts: colonial encounters and postcolonial critique, racialization and the rise of the nation-state, the multilingual and multicultural spaces of the city as sites of bodily and textual encounter.

Luise von Flotow has suggested that because queer studies and the very term “queer” rejects essentialist categories related to gender binaries in favor of the “performatively contingent”, the question of a queer translation praxis/methodology has been elusive: This may be why, as she argues, “queer has not (yet) been a particularly fruitful theory in translation” (Flotow, Luise von. 2012. “Translating Women: from recent histories and re-translations to ‘Queerying’ translation, and metramorphosis“. Quaderns. Revista de Traducció 19: 127-139).

Yet we would like to argue that there is much room for queer translation when one associates queering strategies with the deconstruction of stable régimes of language and meaning, with the displacements it effects from one language to another, with the contingencies and ambiguities of the original and the resistances it offers, with the question of the implicitly discernable versus the explicitly readable. Considering early meanings of the term queer as the strange, the odd, the eccentric – that which falls outside of the normative, the naturalized, and the hegemonic, we would like to examine translation and queerness together as theoretical, textual, and bodily practices that speak to one another in the contact zones of interdisciplinary critique. Hence translation, like gender and sexuality, have always been performative, non-essentialist, political, and context-bound, however much one would like to stabilize meanings and identities. With the aim of examining the complex interfaces between embodiment and textuality, we invite contributions of articles for a critical collection that examines the intersections between queer texts and subjects in Canadian / Quebec literatures; papers that aim at decentering the translating act, and thus wish to resituate the practices, theories, and methodologies of translation.

Thinking queerness and translation together as forms of shifting bodily and/or textual representations, as transformation, resignification, transmission, rupture, and eccentricity may be productive in the analysis of queer texts and their reception and lived realities of queer subjects by both queer and non-queer publics; if, thus, on one side queerness translates into new representations of embodiment and sexuality, on the other, we might consider Queerness and Translation as reproducing both doubly destabilizing effects on socially codified and normalized forms of textuality and textual methodologies.

This collection of essays will examine the intersections between queer subjects, methodologies, and approaches, translation studies and translation pratices, along 3 axes: 1. An intersectional, queer genealogy of translation studies ; 2. a queering of translation through praxis and the self-positioning of the translator; 3. the “translation” of queerness into a broader perspective that takes into account the queering of bodies, spaces, communities, cities, and nations.

It is in this context that we invite scholars in Québécois and Canadian literatures, Translation Studies, and Queer Studies and Sexuality Studies to explore the intersections between Queerness and Translation.

Topics may include but are not limited to:

• Theoretical and methodological intersections between Queer Theory and Translation

Studies

• Translating the queer body

• Queer Translation and the City

• Translating Queer Indigeneity

• Queer adaptation (film, theatre, graphic novels, science-fiction, opera, performance)

• The queer body as text (cross-dressing, drag, tattooing, surgery)

• Translating queer history

• Translating intersexuality, hermaphroditism, transgender, transsexuality

• Queerly translating class, race, ethnicity, religion

• Translating irony, kitsch, camp or other queer textualities

• Translating queer materiality

• Translation, Queerness and Nation

• Literal and intersemiotic translations of queerness

• Queering translation in hegemonic or minority contexts

Please send proposals of 500 words in English with a working bibliography to:

Nicole Côté (nicole.m.cote@usherbrooke.ca) & Domenic A. Beneventi domenico.beneventi@usherbrooke.ca)

Deadline: 1 October, 2015

Appel à contributions

Traduire le queer/la traduction queer dans les textes québécois et canadiens Nicole Côté et Domenic A. Beneventi, Université de Sherbrooke La théorie queer et la traductologie se croisent de plusieurs façons, parfois surprenantes, toujours productives : elles interrogent l’essentialisme des identités, des langues et textes, en particulier le statut de « l’original » et celui de la « copie ». Leur intérêt pour l’aspect ludique de la performativité s’exprime dans la manière dont les genres/sexes se traduisent dans les corps, dans les textes et les langues, les formes d’expression, les modes de représentation, leurs effets et leur réception. Mais leur entrecroisement permet aussi l’examen du pouvoir, tant de la subjectivation que de la sujétion qu’il crée – sa capacité à structurer mais aussi à opprimer. En effet, théorie queer et la traductologie remettent toutes deux en question bon nombre de présupposés : ceux du genre et de la sexualité, ceux de la langue, de la représentation et de la politique identitaire dans des contextes sociaux et historiques variés : situations coloniales et critique postcoloniale, racialisation et naissance des États-Nations, espaces multilingues, multiculturels de la ville en tant que sites de rencontres textuelles et corporelles.

Luise von Flotow suggère que parce que les études queer rejettent les catégories essentialistes liées au binarisme des genres pour se concentrer sur le «performativement contingent», la question d‘une pratique/d’une méthodologie traductive queer a jusqu’ici été difficile à définir. Cela pourrait expliquer pourquoi, comme elle l’affirme, «la théorie queer n’a pas été particulièrement fructueuse en traduction» (Flotow, Luise von. 2012. “Translating Women: from recent histories and re-translations to ‘Queerying’ translation,and metramorphosis“. Quaderns. Revista de Traducció 19: 127-139, notre traduction). Et pourtant, nous voudrions suggérer que la traductuctologie queer pourrait être le lieu d’un renouveau lorsqu’on associe les stratégies queer avec la déconstruction de régimes stables du langage et du sens que la traduction effectue par ses déplacements, en tenant compte des contingences et ambiguïtés de l’original et de la résistance qu’il offre, de l’implicitement discernable par opposition à l’explicitement lisible. Considérant d’anciens sens du terme queer – liés à l’étrange, au bizarre, à l’excentrique – ce qui se trouve à l’extérieur du normé, du naturalisé, et de l’hégémonique, nous aimerions examiner conjointement la traduction et le queer en tant que pratiques théoriques, textuelles, et corporelles qui conversent dans les zones de contact de la critique interdisciplinaire. Ainsi la traduction, comme le genre et la sexualité, a toujours été performative, non-essentialiste, politique et liée à un contexte, érigeant sa réflexion contre le désir durable de stabiliser les sens et les identités.

Dans le but d’examiner les complexes interfaces entre corps, textualité et traduction, nous invitons à soumettre des articles en vue d’une anthologie qui examinera les intersections entre les textes et les sujets queer dans les littératures canadiennes et québécoises; des articles qui visent à décentrer l’acte de traduire, à resituer les pratiques, théories, et méthodologies de la traduction. Penser le queer et la traduction comme des formes de représentations corporelles ou textuelles mouvantes, comme autant de transformations, de resignifications, de transmissions, de ruptures et d’excentricité pourrait aider à analyser les textes queer et leur réception tant par les publics queer que non-queer; ainsi, si d’un côté de nouvelles représentations du corps et de la sexualité traduisent le queer, de l’autre, le queer associé à la traduction produit des effets doublement déstabilisants sur des formes de textualité et des méthodologies textuelles socialement codifiées, normalisées.

Cette anthologie examinera les intersections entre sujets et approches queer, et traductologie, méthodologie et pratiques traductives selon trois axes et un corpus canadien/québécois : une généalogie queer intersectionnelle des études traductologiques ; une traduction rendue queer par la pratique et le positionnement du traducteur, de la traductrice; une traduction du queer dans une perspective plus large qui rende compte des corps, des espaces, des communautés, des villes et des nations.

C’est dans ce contexte que nous invitons les chercheurs en littérature québécoise et canadienne, en traductologie, ainsi qu’en études queer et en études de la sexualité à explorer les intersections entre le queer et la traduction. Voici une liste non exhaustive des sujets qui pourraient être abordés :

• discuter les intersections théoriques et méthodologiques entre théorie queer et

traductologie;

• traduire le corps queer;

• traduire le queer et la ville;

• traduire des textes queer des Premières Nations;

• adapter le queer (films, théâtre, romans en image/graphic novels, science-fiction, opéras,

performances);

• représenter le corps queer comme texte (travestisme/drag, tatouage, chirurgie);

• traduire l’histoire queer;

• traduire l’intersexualité, de la transsexualité, du transgenre, etc.;

• traduire de la classe, la race, l’ethnicité, la religion sous un angle queer;

• traduire l’ironie, le kitsch, le camp, ou d’autres textualités queer;

• traduire la matérialité queer;

• discuter les intersections entre la traduction, le queer et la matérialité;

• discuter de traductions littérales, métaphoriques et intersémiotiques du queer;

• traduire le queer dans des contextes hégémoniques ou minoritaires.

Veuillez faire parvenir votre proposition d’article (500 mots) en anglais* avec une bibliographie provisoire au plus tard le 1er octobre 2015 à :

Nicole Côté (Nicole.m.cote@Usherbrooke.ca) et Domenico Beneventi (domenico.beneventi@Usherbrooke.ca)

* Nous demandons aux francophones ou allophones de nous faire parvenir leurs articles en anglais, les ouvrages bilingues ou plurilingues étant éliminés d’office étant données les restrictions imposées par les presses universitaires en raison de compressions dans le domaine de l’édition.